


Situés à Vallorcine, loin de l’agitation chamoniarde,ces chalets ont été récemment construits suivant des méthodes ancestrales. C’est un petit hameau composé de quatre maisons, accessible non seulement depuis la route reliant Chamonix à la Suisse mais aussi en skis, l’hiver. Une belle assise de pierres de montagnes et de larges madriers croisés, recouverts par des toits d’ancelles de bois rappellent les vieux rascards walser de la Vallée d’Aoste ou du Valais suisse.

L’emplacement des chalets a été choisi de manière à ce que chacun bénéficie de sa terrasse privative où il est bon de se prélasser au soleil face au magnifique panorama du massif des Aiguilles Rouges. L’été, les clarines des vaches qui pâturent dans les prés tout proches se marient aux chants des oiseaux en donnant un agréable concert dans cette partie du village qui est interdite aux voitures. À l’intérieur, la décoration design a été pensée pour contraster avec le caractère assez rustique de la structure et la mettre en valeur. Suivant la tradition, le pin Douglas, bois proche du mélèze par ses qualités de robustesse, a été brûlé à l’extérieur et simplement sablé à l’intérieur, ce qui lui donne un aspect vieilli.
Le constructeur, un jurassien de souche, a conçu et bâti de nombreux chalets dans la vallée ; sa patte est désormais célèbre à Chamonix car lui seul sait dessiner de telles découpes dans le bois. Dès la porte franchie, l’odeur suave du pin vous accueille. Le sol est constitué de grandes plaques brutes d’ardoise grise, dont la couleur revient dans les épais lainages qui composent les rideaux et les revêtements des canapés. L’ensemble des aménagements intérieurs a été conçu en bois brossé ou en métal de sorte à éviter un trop grand mélange des genres et à évoquer une unicité apaisante et réconfortante. De belles peaux s’étalent au sol ou bien sur les bancs dans une ambiance cosy, que la lumière atténuée des bougies rend feutrée, le soir. Ce projet est né d’une histoire d’amour, qui débute à Lyon, il y a 19 ans, lors de la rencontre de Thierry et Nathalie. Dès lors ils souhaitent travailler ensemble à un projet commun, qui devrait se réaliser à Vallorcine, où l’activité économique semble susceptible d’expansion. Et c’est encore une histoire d’amour qui les lie tous les deux à Vallorcine, ce village animé par le doux gazouillis des eaux et paré de superbes montagnes où vivent les chamois, que l’on peut observer directement depuis les fenêtres.


Le parcours professionnel de ce couple a fortement influencé la réalisation de leur projet, étant donné qu’ils sont devenus, lui, directeur artistique dans une agence de communication et elle, directeur d’une chaîne de télévision. La complémentarité de leurs profils s’est révélée un atout pour le démarrage de leur activité et pour la réalisation de leur dernière création, le « Café Comptoir », un restaurant adjacent, marqué au coin du bistrot-atelier. La décoration du restaurant, qui évoque celle des chalets destinés à la location, allie authenticité et esprit contemporain dans une atmosphère unique, de charme, créée par les matériaux et par un éclairage savant. Thierry et Nathalie avaient une envie folle de changer de vie pour redécouvrir la valeur de la convivialité, c’est pourquoi les Chalets du Plane sont nés : force est de constater qu’ils ont parfaitement réussi à évoquer l’ambiance qu’ils souhaitaient.
CHALETS DU PLANE
LE CAFÉ COMPTOIR
Photos
DIDIER MICHALET
Quinze ans de suggestions visant à faire rêver,...
À la montagne l’hiver est synonyme de...
Au début c’était...
Ce projet se proposait la restauration optimale...
Fruit de la recherche attentive d’une jeune...
Cette grande maison,...
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Considérée depuis toujours comme une station chic et à la mode, Megève est en fait un grand village de montagne dont les caractéristiques architecturales ont survécu à des spéculations sauvages et le cachet séduit de nos jours encore les étrangers. Sur le plan touristique c’est une destination convoitée : paysage alpin, traditions, cuisine et glamour… Ses habitués ont découvert, derrière l’image maniérée qu’on lui attribue, un village susceptible d’offrir non seulement des initiatives alléchantes, des boutiques à la mode, des restaurants célèbres… mais aussi cet esprit authentique qui fait entrer en contact avec une nature merveilleuse.


Le chalet que nous allons présenter est très particulier à cause des grandes baies vitrées à travers lesquelles le regard embrasse un panorama à couper le souffle : le choix de privilégier la vue étonnante du Mont-Blanc s’est avéré fondamental. Il est constitué de deux niveaux hors terre plus un sous-sol destiné au relax, au divertissement et au bien-être.
quelques meubles expressément fabriqués par les décorateurs d’intérieur font le cachet de cet agréable chalet
Dans toute la maison dominent les tons chauds du mélèze qui, travaillé très simplement et souligné par un éclairage approprié, transmet la chaleur typique du bois. L’entrée est assez importante et cet étage, le premier hors terre, abrite les chambres d’ami. Différentes l’une de l’autre de par leurs peinture et décoration, ces chambres sont dotées de grandes salles de bains dont les revêtements recherchés, en marbre et en résine aux nuances très particulières et fabriquée avec un savoir-faire certain, créent une atmosphère raffinée et discrète. Les dessus-de-lit et les rideaux coordonnés déclinent les nuances du beige, du marron chocolat et du gris. La décoration joue un rôle important: des tissus précieux tels que laine, cashmere et soie se marient harmonieusement avec le vieux cuir, les objets anciens, l’argent et les fourrures.

Les matériaux sont généreusement utilisés : grands rideaux de fabrication artisanale, dont la richesse rend les pièces voluptueuses, sofas accueillants, quelques meubles expressément fabriqués par les décorateurs d’intérieur font le cachet de cet agréable chalet. Le cuir est largement utilisé, à partir des objets jusqu’aux têtes de lit : des peaux de qualité, associées au bois brossé, créent la chaleur typique des matières naturelles, matières vivantes par excellence. Un système domotique très avancé permet de régler les lumières et les sons… et de créer des décors destinés à souligner la personnalité du maître de maison. Tout a été conçu en vue du confort maximum ; à cet effet le choix s’est porté sur des matières de qualité, valorisées par la créativité du propriétaire qui a su matérialiser une image sophistiquée et élégante en arrivant jusqu’à dessiner et à construire des lustres, une table et des lampes qui suggèrent une discrétion accueillante, alliée à une élégance moderne et exclusive.
Décoration d’intérieur
LE CHALET DE JULES
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Notre projet concernait la construction d’une habitation sur une pente de moyenne montagne à proximité d’Aoste. Nous avons commencé par examiner deux questions fondamentales : la première, afférente au type de maison, nous a amenés à nous interroger sur ce que signifie aujourd’hui affronter le thème de l’organisation des espaces d’une maison. La seconde, de caractère architectural, se rapportait à l’économie d’énergie en tant qu’exigence incontournable.


Considérant comme inapproprié le critère de maison basée sur une répartition rigoureuse des espaces entre zone de jour et zone de nuit, nous avons songé à un modèle évoquant celui d’un village constitué de foyers autonomes qui partagent des espaces communs. Cette maison est le résultat d’une opération de montage de volumes dont chacun correspond à une pièce fonctionnelle. En effet elle est aménagée dans une série verticale de pièces. Le premier niveau accueille un soubassement pénétrant dans le terrain en forte pente et revêtu de pierres de taille, qui accueille le living. C’est l’espace des relations communes, la partie publique de la maison. Au-dessus de ce soubassement commun se trouvent les pièces privées consistant en un volume cubique avec un revêtement en bois de cèdre, qui abrite les chambres et, plus haut encore, un identique volume mais léger, presque entièrement vitré et presque entièrement masqué par un brise-soleil aux lamelles de bois orientables, qui comprend de petits espaces privés.

Au niveau intermédiaire les chambres sont reliées par un autre espace commun, un jardin d’hiver dont la charpente est en acier et verre. Depuis les chambres on peut sortir directement sur l’extérieur sans passer par l’espace commun du living. D’autres espaces communs affectés au bien-être/relax (piscine, hydro-massage, salle de sport), sont aménagés au-dessous du soubassement.
Notre projet a tout particulièrement pris en compte la question bioclimatique et l’économie d’énergie ; dans cette maison les technologies les plus sophistiquées ont été adoptées : géothermie, pompes à chaleur, panneaux photovoltaïques intégrés, isolation des murs, vitrages à faible émissivité. Ces dispositifs de l’architecture passive, associés à des systèmes de contrôle sophistiqués, nous ont permis de construire une maison qui nécessite très peu d’énergie.
Projet
ARCH. ANDREA GUALLA
Paysagiste
PERARDI GIARDINI
Photos
STUDIO GUALLA
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Bâtir des maisons dans une région qui a un cachet nettement alpin comme la Vallée d’Aoste est une opération délicate et stimulante à la fois. Les siècles, l’économie rurale, les aspects sociaux ont eu une influence déterminante sur les paysages et sur les archétypes et ont créé des équilibres uniques et riches en authenticité, qui ont transformé le territoire en une destination digne d’être explorée par ceux qui aiment les saveurs et les atmosphères de montagne. L’étude et l’analyse du patrimoine existant, la recherche des détails typiques des maisons, la compréhension des traits identitaires qui se cachent dans certains choix architecturaux sont fondamentaux pour pouvoir suivre un itinéraire qui, partant des racines, se renouvelle grâce aux innovations technologiques du présent..


Il est essentiel de savoir prendre en considération l’environnement pour bâtir de nouvelles maisons susceptibles de s’insérer dans le panorama sans pour autant exclure les détails originaux et le maximum de performance en matière de rendement et de confort.
Tenir compte du passé sur la base de ces critères signifie savoir cueillir et valoriser la «flamme» de la tradition en l’alimentant de manière à ce qu’elle soit toujours vivante malgré le temps qui passe. Cette maison située sur la colline d’Aoste, où vit un jeune couple valdôtain a été bâtie dans cet esprit. Elle est constituée de trois corps différents: au milieu se dresse le plus haut et le plus imposant, auquel sont adossés les deux autres. On accède à l’intérieur par un important portail d’époque en noyer ; un jeu de lignes, de vides et de pleins sépare l’entrée de l’escalier qui mène aux locaux du sous-sol et à la pièce où le maître de maison a aménagé son bureau, caché dans un « cageot » de bois de mélèze récupéré. Dès l’entrée on perçoit nettement la puissance de la toiture en châtaignier qui s’harmonise très bien avec les parquets en mélèze récupéré; ceux-ci s’étendent depuis l’entrée, à travers un couloir ouvert, à toute la zone de jour. Cette dernière se développe dans le vaste espace ouvert et plein de lumière du corps central, conçu comme un duplex: le premier étage accueille une mezzanine construite avec des poutres de mélèze récupérées. Le salon, aménagé au rez-de-chaussée, est surmonté par la structure de la mezzanine qui ne divise en deux qu’une partie de la pièce.
La zone affectée à salle à manger occupe, par contre, le vaste espace de pleine hauteur. Là, la lumière naturelle et le paysage deviennent une caractéristique saillante de la zone habitée grâce à une grande cloison vitrée qui monte jusqu’au toit, à partir du sol, et constitue une véritable paroi transparente donnant sur les montagnes valdôtaines. À travers cette paroi invisible les sensations et le charme du paysage pénètrent à l’intérieur de la maison. L’escalier qui relie le rez-de-chaussée à la mezzanine s’allie harmonieusement à la boiserie du mur opposé à la vaste fenêtre; il est fabriqué en châtaignier entièrement récupéré lors des travaux de restauration. Le câble de fils de fer tenant lieu de rampe qui court le long de l’escalier et de la mezzanine, reprend le style de la main courante de l’entrée. Le coin cuisine est situé dans le prolongement du vaste open space comprenant l’entrée, le bureau, le salon, la salle à manger et la mezzanine. La cheminée, qui définit la limite entre le séjour et la cuisine constitue un volumineux élément décoratif.

Une enveloppe cubique en fer et en bois, avec clous apparents, grilles d’aération et portes d’inspection masque les échangeurs de chaleur technologiques, qui récupèrent la chaleur des fumées et la cèdent à la centrale thermique. Un tuyau de cheminée conique en fer jaillit de cette enveloppe et s’élève jusqu’au toit en suggérant emphatiquement, avec l’enveloppe, l’idée d’une sorte de chaudière de l’époque industrielle où l’esthétique répond aux exigences de la machine et de son fonctionnement. Le style linéaire et essentiel des sources de lumière et des différents appareils destinés à régler l’installation électrique contraste avec la décoration de la zone de jour en opposant le bois et le crépi rustique d’une part et l’acier inox de l’autre. Cet effet est encore accru par le lustre suspendu au-dessus de la table de la zone affectée à salle à manger: c’est une énorme sphère de fils d’acier, qui joue le rôle du protagoniste principal de l’espace et qu’on dirait une œuvre d’art contemporain suspendue dans le vide.
La zone de nuit se développe en partie au rez-de-chaussée et en partie au premier étage.Lerez-de-chaussée abrite la chambre d’ami et la chambre de la petite aînée, auxquelles on accède depuis une pièce de dégagement qui donne sur le salon à travers une porte en noyer cachée dans la boiserie. Depuis la mezzanine on accède à la chambre du maître de maison, où la toiture blanchie à l’aide d’huiles naturelles est claire et lumineuse, le parquet raboté à la main est en mélèze et une grande lucarne répand une belle lumière zénithale. Structures et revêtements dissimulent les équipements technologiques. Une pompe de chaleur électrique alimentée par des panneaux photovoltaïques insérés dans la couverture en lauzes, des panneaux solaires et la cheminée thermique placée dans la zone de jour pourvoient à la production de chaleur, distribuée par un système de chauffage au sol. L’installation électrique reliée à un système de domotique assure la meilleure gestion de tous les appareils et sources de lumière ; ainsi dans cette maison le maximum du confort se marie-t-il au cachet d’antan.
Réalisation
IMPRESA FRATELLI DALL’ARA
Ferronerie
EGIDIO DUCLY
Tissus
LE TAPISSIER
Éclairage
PM IMPIANTI E LIGHT-CENTER
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L’Engadine, une vallée longue de 80 km environ, est située dans le canton des Grisons, en Suisse. C’est une des vallées habitées les plus hautes de l’Europe, avec une altitude allant de 1 600m à 1 800 m. De denses forêts de mélèze recouvrent la haute vallée, où se nichent des villages se reflétant dans les grands lacs dont ce territoire est parsemé. La renommée de cette région est liée à Saint-Moritz, qui accueille des hôtes illustres et des événements d’importance internationale. Le village de Silvaplana, jugé une station en vogue, est particulièrement animé et en été il devient un véritable paradis pour les passionnés de sports tels que le windsurf et le kitesurf. La construction dont fait partie l’appartement que nous allons présenter est une maison de trois étages hors terre, achevée fin 2012 ; l’appartement, dont la superficie habitable est de quelque 200 m2, est situé au troisième – et dernier – étage et jouit d’une vue extraordinaire sur le célèbre lac portant le même nom que le village et sur le Pic Corvatsch, le sommet le plus important avec ses 3451 m.


L’Engadine, une vallée longue de 80 km environ, est située dans le canton des Grisons, en Suisse. C’est une des vallées habitées les plus hautes de l’Europe, avec une altitude allant de 1 600m à 1 800 m. De denses forêts de mélèze recouvrent la haute vallée, où se nichent des villages se reflétant dans les grands lacs dont ce territoire est parsemé. La renommée de cette région est liée à Saint-Moritz, qui accueille des hôtes illustres et des événements d’importance internationale. Le village de Silvaplana, jugé une station en vogue, est particulièrement animé et en été il devient un véritable paradis pour les passionnés de sports tels que le windsurf et le kitesurf. La construction dont fait partie l’appartement que nous allons présenter est une maison de trois étages hors terre, achevée fin 2012 ; l’appartement, dont la superficie habitable est de quelque 200 m2, est situé au troisième – et dernier – étage et jouit d’une vue extraordinaire sur le célèbre lac portant le même nom que le village et sur le Pic Corvatsch, le sommet le plus important avec ses 3451 m.
Les caractéristiques sur lesquelles l’architecte a misé consistent dans le bois utilisé pour les bardages et dans une décoration enrichie de détails importants tels que portes escamotables, niches ouvertes ou solutions intéressantes comme les plaques de verre qui soutiennent les girons de l’escalier menant à la mezzanine. Le style est décidément contemporain, net, approprié au milieu montagnard, car les matériaux naturels ont un air de vécu. Afin de créer des ambiances chaudes et accueillantes grâce à une décoration artisanale faite sur mesure, il a été choisi de réduire l’impact visuel dû à une grande présence de bois par le recours aux vitres : ainsi, comme nous venons de le dire, des vitres portantes sont devenues des éléments de l’escalier, des portes vitrées coulissantes ont servi à cacher la cuisine, où le plan de cuisson est lui aussi en verre comme, d’ailleurs, la balustrade de la mezzanine. Les meubles en bois, fabriqués sur mesure, témoignent d’un grand savoir-faire. C’est un projet innovant : planches en bois posées tantôt à l’horizontale tantôt à la verticale, continuité d’image pour ce qui est du bardage et des volets des meubles, portes à ras de mur et planches uniformes de manière à les dissimuler, armoires formant un tout unique avec la paroi…
Le parquet en sapin naturel vieilli dialogue avec le plafond constitué de planches épaisses, elles aussi en sapin naturel vieilli. Certaines solutions architecturales comme la cheminée ouverte séparant le séjour de la salle à manger ou l’escalier en bois et en verre donnent un cachet très particulier et personnel à cette maison où la nouveauté des matériaux s’allie à la chaleur accueillante que seul le large emploi du bois peut assurer.
Architecte
PAOLA TASSARA
Réalisation
ARTE ROVERE ANTICO
Photos
DUILIO BELTRAMON
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L’émotion de pénétrer dans des paysages extraordinaires, de se sentir enveloppé, d’être un élément microscopique d’un ensemble grandiose nous pousse, après un moment de contemplation, à tâcher de fixer des images d’une beauté et intensité infinies à l’aide de dispositifs susceptibles de découper dans l’étendue du paysage des vues délimitées sur lesquelles l’attention se concentre ; vue qui révèle, à travers des « filtres » particuliers, des détails de l’étonnante beauté et variété de la réalité. C’est pourquoi nous imaginons, concevons et construisons des structures à fort potentiel émotif pour capturer le paysage ou pour nous plonger dans la nature de manière à intérioriser des images et des émotions qui ne nous abandonneront plus. Conservées dans notre mémoire, ces images sauront évoquer chaque fois des sensations, des parfums et des pensées qui ont jailli dans ces lieux à cause de l’effet amplifiant de ces dispositifs conçus avec sensibilité et génialité.


Un pont qui nous projette dans le vide en nous invitant presque à cet envol léger, rêve de toujours ; une passerelle permettant de traverser un miroir d’eau, en passant d’une rive à l’autre, immergés presque jusqu’au cou ; un objectif photographique constitué d’un simple cube de troncs d’arbre ouvert sur deux faces que nous pouvons atteindre en franchissant le paysage limité ou sur lequel nous pouvons monter pour jouir de l’ensemble ; une terrasse surmontée d’une toiture décelant un paysage à 180° avec un « effet panoramique ». Ce sont autant de situations riches d’un impact émotif remarquable, sélectionnées pour montrer comment le patrimoine bâti peut contribuer à valoriser davantage des lieux splendides.
arch. Roberto Rosset
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Le désir de laisser une trace de son passage est le propre de l’homme: en ces temps confus marqués par l’absence de certitudes, il est physiologique qu’il cherche dans la maison des valeurs pouvant être prises comme point de repère. D’où la demande d’une mémoire du passé, la soif de connaître une manière d’habiter ne répondant pas au schéma habituel des villes frénétiques et « cimentées ». La réalité alpine, qu’il s’agisse d’habitations principales ou de résidences secondaires, présente des caractéristiques marquées et des solutions architecturales qui répondent à ces nouvelles exigences.
on parlera de succès lorsque, en entrant dans notre maison, nous éprouvons – ou nos amis éprouvent – une certaine émotion
La recherche et l’innovation technologiques offrent des solutions que personne n’aurait imaginées il y a quelques décennies : la qualité de la construction à la montagne a fait d’énormes progrès. L’emploi de matériaux naturels, non standardisés, exige de tous les intéressés de remarquables capacités pour ce qui est de la construction et – aussi – de l’utilisation de la maison. En cas de restauration d’une maison existante la question est encore plus nette : faut-il laisser une trace du passé ou intervenir radicalement et marquer l’ouvrage de notre propre personnalité ? Le choix gagnant consiste à miser sur la qualité ; on parlera de succès lorsque en entrant dans notre maison, qu’il s’agisse de la plus simple et minimaliste ou de la plus sophistiquée, nous éprouvons – ou nos amis éprouvent – une certaine émotion. C’est notre personnalité unique qui interprète les caractéristiques, techniques de construction, traditions et innovations technologiques grâce à ce filtre incomparable qu’est notre projet personnel d’identité, de solutions appropriées à notre mode de vie, et crée une demeure qui représente notre idée d’habitation dans ce monde confus, plein d’exaltations éphémères et d’un trop grand nombre d’extravagances.
Marinella Vaula
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Il est des demeures qui ont le privilège d’offrir une vue à 360°. Ce sont des cas rares et, à certains égards, extrêmes. Nous songeons aux tourelles, frontière habitée entre terre et ciel. Dans notre mirador entouré de montagnes, posé sur le faîte d’un bâtiment des années 1950, lorsqu’il neige et que le ciel est brumeux, on pourrait même se croire dans un phare et imaginer le bruit de la mer. C’est ainsi qu’a germé l’idée de cette rénovation. Petite, silencieuse et isolée, cette tourelle, située à quelques pas du centre historique d’Aoste, est répartie sur deux niveaux. Autrefois elle accueillait le petit atelier de dessin d’une menuiserie qui se trouvait au rez-de-chaussée. Le fil conducteur du projet transparaît déjà au travers des couleurs choisies: le blanc grand ouvert à la lumière: le vert émeraude, dû au sablage des cloisons vitrées et les nuances vives du bois naturel.


La rénovation, essentielle, mesurée, relevant de l’art et du design a eu recours à des matériaux et à des objets écologiques, recyclés ou réinventés: un point de vue différent, à la recherche de solutions simples et originales, excluant la nécessité d’exhiber des objets réputés. L’éclairage LED définit et souligne les espaces. Les 2 lampes placées entre les arcades des fenêtres, LightNight & DarkDay, «écrivent» le cycle éternel de la nature au moyen de la lumière.
Les chaises, du type traditionnel, ont été réduites par l’élimination de la partie haute du dossier et un laquage blanc souligne leur «blessure». Les parties restantes du dossier, disposées en cercle autour d’une table imaginaire semblent «immergées» dans le mur. Le living, ouvert à 360° sur les montagnes et sur la ville, est très lumineux et la vie des habitants de la maison est rythmée par la lumière du jour et de la nuit. Un escalier aérien, composé de marches légères mène à l’étage supérieur.
Des fentes, horizontales et verticales, pratiquées dans le sol de la mezzanine aèrent la mansarde et créent, à la fois, une clarté diffuse qui plonge la zone de nuit dans une atmosphère douce et relaxante. La salle d’eau, box semi-transparent suspendu dans le vide et reposant sur des supports en fer et en verre, est aménagée face au lit. Les armoires, à coupe oblique, élargissent la perspective tout en offrant davantage de profondeur. Voilà comment il a été possible d’obtenir une vue à 360° sur la ville depuis un point de vue tout à fait particulier.
Design et Réalisation
ARNALDO TRANTI
Textile
BUSATTI
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